Éloge du petit matin

Rémy Oudghiri

Le « Miracle Morning » a mis l’aube à la mode : il suffirait, nous dit-on, de se lever tôt, faire du sport, méditer, manger équilibré, et prendre de l’avance sur les autres pour « réussir sa vie ».

Et si l’art de vivre était ailleurs ? S’il fallait le chercher dans la splendeur plutôt que dans la performance ? Dans le petit matin rêveur loin de toutes contraintes sociales.

Rémy Oudghiri poursuit l’aube dans les rues de Paris, les paysages toscans, les jardins de Casablanca - comme dans les œuvres des grands solitaires du cinéma, de la musique ou de la littérature, de Paul Valéry à Peter Handke ou Pascal Quignard.

Image de couverture de Éloge du petit matin
Collection : Arléa-Poche
Numéro dans la collection : 268
juin 2021
160 pages - 8 €
Dimensions : 11 x 18 cm
ISBN : 9782363082657
9782363082657

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Éloge du petit matin

Rémy Oudghiri

L’appel de l’aube

De retour à Fontenay, où je vis, ma décision était prise. Comment m’y prendre ? Je rêvais d’écrire un livre de lumières, dont le titre déjà me hantait : Habiter l’aube.
Selon les scientifiques, il se passe environ une heure et demie entre le moment où l’on distingue les premières lueurs à l’horizon et l’apparition du soleil. Entre les deux, le temps s’étire lentement et passe à travers des cycles, imperceptibles à l’œil nu, qui mettent dans le ciel des couleurs tendres et ensorcelantes. Les couleurs nous mèneraient donc vers l’échappée. À l’aube hyperactive des disciples du Miracle Morning, je ne cherchais pas à opposer l’aube contemplative des philosophes ou des penseurs. La contemplation, si elle faisait partie intégrante de mon expérience, ne s’y réduisait pas. Loin de moi également le projet d’ajouter un éloge de la lenteur à ceux qui existaient déjà. L’aube offre à chacun une diversité de possibles. Le plus important à mes yeux était de ne pas en faire un spectacle. Mon dessein n’était pas d’inciter certains à se lever à cinq heures pour contempler de belles images. On n’assiste pas à l’aube comme on assiste à une cérémonie, à une pièce de théâtre ou comme on regarde des estampes. Il s’agit de quelque chose de fondamental : on n’assiste pas à l’aube, on y habite. Telle était la première chose qu’il m’importait d’exprimer : J’habitais l’aube.

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