Nu rouge

Frédéric Touchard

Terminant sa thèse sur Édouard Pignon, c’est vers le Nord-Pas-de-Calais, région natale du peintre, que Camille décide de partir. Elle veut mettre ses pas dans les siens, retrouver les lieux de son enfance, voir de ses yeux les lumières, les gens, les paysages qui ont inspiré le peintre. Mais, très vite, cette quête va prendre une autre dimension.

Guidée par Jean, rencontré par hasard et avec qui se noue le début d’une histoire, elle plonge dans une réalité qu’elle n’imaginait pas, faite de luttes et de traditions ouvrières malmenées par la disparition des mines et des filatures.

Dumont Cassel à Marles-les-Mines, de Roubaix à Dunkerque, mais aussi à Calais, elle découvre pêle-mêle et en accéléré les blessures de la Grande Guerre, les friches industrielles, l’errance désespérée des sans-papiers. Chaque rencontre, chaque lieu visité lui parlent de résistance et d’engagement politique. Mais que pèse sa vie face à ce destin collectif ?

Rien ni personne, même pas Jean, surtout pas Jean et son amour naissant, ne pourra l’empêcher d’aller vers son destin. Et le geste insensé qu’elle décide d’accomplir la révélera à elle-même.

Image de couverture de Nu rouge
Collection : 1er Mille
août 2011
208 pages - 17.50 €
Dimensions : 13 x 19 cm
ISBN : 9782869599437
9782869599437

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Nu rouge

Frédéric Touchard

Je regarde Camille profiter de la plage et je m’étonne
qu’Édouard Pignon ait attendu de découvrir la luminosité
abrupte de la Provence pour commencer à peindre des nus
– comme son Nu à l’olivier, une œuvre datant de 1953 –, alors
que les douces teintes de la lumière flamande, telles qu’ elles
épousent les corps trop pâles des femmes du Nord sur les plages
de sable cendré de la côte d’Opale, ne l’ont vraisemblablement
jamais inspiré.

Camille se baigne dans les eaux grises de la mer du Nord.
Les nus peints par Édouard Pignon durant ces années passées
en Provence dans le sillage de Picasso, dont il fut un proche
ami jusqu’à la mort de celui-ci, le guidèrent vers ces nus rouges
Nu aux cactus, Nu rouge-rouge ou, le préféré de Camille,
Le Sommeil écarlate, à l’origine de sa passion pour l’œuvre
entière d’Édouard Pignon et de ce voyage dans la région natale
du peintre, dont l’unique objectif, m’assure-t-elle, était de mieux
comprendre la démarche de l’artiste. Mais, véritablement, peut-elle
encore y croire ? Ne cherchait-elle pas déjà autre chose ?