En traîneau avec l’Empereur

Général de Caulaincourt

Nouvelle édition

5 décembre 1812. Dix heures du soir. Trois voitures quittent le village de Smorgoni et s’enfoncent dans la nuit. Il neige et la température est glaciale. Dans la première voiture ont pris place l’Empereur et son Grand Écuyer, le général Armand de Caulaincourt, duc de Vicence. La Grande Armée est enlisée dans les plaines enneigées de Russie.

Ayant appris le complot du général Malet, l’Empereur a confié le commandement en chef à Murat et rentre en France. Pendant quatorze jours et quatorze nuits, Caulaincourt partage avec le maître de l’Europe cet épisode unique de l’Histoire. Napoléon médite sa défaite sur le sol russe et dresse un bilan de son action. Le soir, à l’étape, d’une plume vive et libre, sans flatterie aucune, Caulaincourt consigne les confidences de l’Empereur. Malgré la défaite, Napoléon croit toujours en son destin. Il expose à son Grand Écuyer ses vues sur l’Europe et le monde.

Image de couverture de En traîneau avec l’Empereur
Collection : Arléa-Poche
Numéro dans la collection : 199
mars 2021
240 pages - 15 €
Dimensions : 11 x 18 cm
ISBN : 9782363082572
9782363082572

Lire un extrait

En traîneau avec l’Empereur

Général de Caulaincourt

Depuis le passage de la Bérésina, tous les visages se déridaient ; la Pologne souriait pour la première fois à tout le monde. Wilna était devenue la terre promise ; c’était le port assuré contre tous les orages, et le terme de tous les maux. Le passé n’était plus qu’un songe. La perspective d’une meilleure situation faisait presque oublier nos désastres. La fatigue, les privations du moment, la vue des malheureux qui périssaient à chaque instant d’épuisement et de froid, tout cela prenait peu sur le caractère naturellement gai et insouciant du miliaire français. Les dangers rendent égoïstes ; ceux qui se portaient bien s’étaient accoutumés à ce spectacle de douleur et de destruction. Sans doute on souffrait beaucoup, on était témoins d’un grand malheur et d’une grande détresse, mais, animé par la pensée de sa propre conservation, par un sentiment d’honneur et d’orgueil national, on ne se rendait pas compte de cet excès d’adversité.