Au Japon ceux qui s’aiment ne disent pas je t’aime

Elena Janvier

Elena Janvier est un heureux trio de trois jeunes Françaises ayant vécu au Japon.

Par vécu, il faut entendre ayant ri, aimé, voyagé, ayant rencontré mille personnes, s’étant étonnées de mille choses et de mille lieux, s’étant attristées parfois, mais avec légèreté, et une grâce semblable à celle des feuilles d’érables qui glissent sur la rivière.

Présenté sous forme de dictionnaire (la première entrée – qui s’en étonnera ?– est Amour), on y retrouve tout ce qui étonne, surprend, désarme ou force l’admiration d’une civilisation à l’autre.

Image de couverture de Au Japon ceux qui s’aiment ne disent pas je t’aime
Collection : Littérature française
janvier 2011
100 pages - 13.50 €
ISBN : 9782869599246
9782869599246

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Au Japon ceux qui s’aiment ne disent pas je t’aime

Elena Janvier

BUREAUX DE POSTE
Dans les bureaux de poste japonais, il fait bon l’hiver et frais l’été. Le chœur des préposés vous souhaite la bienvenue. De discrets haut-parleurs diffusent un programme de musique light classic, les sièges sont confortables et pourvus d’une tablette près de l’accoudoir pour y déposer votre sac. Sur le comptoir il y a des stylos, un tampon encreur pour apposer votre sceau, une petite éponge humidifiée pour coller les timbres, ainsi que différentes paires de lunettes pour vous permettre de compléter commodément les imprimés.
Ici, c’est différent.

DESSERT
De quoi prive-t-on les petits enfants japonais, puisqu’il n’y a pas de dessert ?

CAFÉ PARISIEN
À Paris, aux terrasses des cafés, le serveur vous balance, rogue et soupçonneux : « J’peux vous encaisser ? », à peine la tasse flanquée sur la table, le papier du sucre flottant dans le jus de la soucoupe, la note bien en évidence. Autant dire qu’il faut payer illico. Au Japon, où l’on fait une chose à la fois et dans des lieux appropriés, on règle avant ou après, jamais pendant, et jamais à l’endroit où se prennent doucement le thé, le repas.

ÉMILE COUÉ
Se persuader que la bonite en copeaux qui se tord de douleur sur le plat qui vient de vous être servi n’est absolument pas vivante. Se persuader que c’est une illusion.