Marc-René, marquis de Montalembert (1714-1800)

ou les illusions perdues

Yvon Pierron

Le 28 mars 1800, à l’âge de quatre-vingt-cinq ans, le général Marc-René de Montalembert rend son dernier soupir, en son hôtel de la rue de La Roquette. Il se prêtait un destin, mais les entraves rencontrées au cours de sa carrière le laisseront désenchanté.

Né à la fin du règne de Louis XIV, le marquis épousera son siècle. Promis par sa naissance au métier des armes, Marc-René participe aux guerres de succession de Pologne et d’Autriche aux côté du prince de Conti.

Le siècle des Lumières le rattrappe. Le voici académicien des Sciences, distingué par le duc de Choiseul, qui lui donne pour mission de suivre les armées suédoise et russe au cours de la guerre de Sept Ans. On lui confie ensuite la défense de l’île d’Oléron, un peu plus tard celle de l’île d’Aix.

Chemin faisant, il crée la fonderie de canons de Ruelle, en Charente, établissement très en vue, confisqué ultérieurement par Louis XV.

Mais son grand projet, c’est auprès des armées étrangères que Montalembert l’a mûri : il s’agit de la fortification perpendiculaire, agencement architectural qui donne priorité à l’artillerie. Précurseur, il dérange, et prend le chemin d’une retraite désenchantée lorsque Carnot le rappelle. À soixante-dix ans, il reprend du service. Quelques mois avant sa mort, c’est lui qui rendra compte du siège de Saint-Jean d’Acre.

Yvon Pierron, historien à ses heures, nous donne là un portrait tout en finesse d’un personnage méconnu, qui, en matière de défense, laissa une conception d’une grande modernité.

Image de couverture de Marc-René, marquis de Montalembert (1714-1800)
Collection : Histoire
avril 2003
300 pages - 22.50 €
ISBN : 9782869596207
9782869596207