Présentés et annotés par Christophe Bourachot
Parmi les différents mémoires de soldats, sous-officiers et officiers de l’Empire, ceux de François Lavaux appartiennent à la veine des Coignet, ou des Bourgogne, en ce sens qu’ils constituent un témoignage au plus près du terrain, loin des états-majors ; c’est dire qu’ils sont empreints d’un réalisme qui, allié à la violence des batailles, atteint dans l’échelle de l’horreur un degré inégalé. En outre, comme Coignet dans ses Cahiers, Lavaux décrit son enfance par le menu, ce qui nous offre un pittoresque tableau des mœurs rurales - particulièrement coloré pour ce qui concerne les coutumes matrimoniales.
Mais le récit de François Lavaux est surtout remarquable par sa relation de la guerre d’Espagne, guerre sale s’il en fut, où les atrocités, dans les deux camps, nous emportent loin de la gloire des combats et de la noblesse des guerriers. Les villes entières passées par les armes, avec hommes, femmes, vieillards, enfants, la haine qui dicte aux Français comme aux Espagnols les vengeances les plus méthodiquement sanguinaires, tout, dans cette tuerie sans fin, semble nous parler de temps, de pays et d’êtres inventés par un fou.
Sur les campagnes de l’Empire en Espagne, ces Mémoires demeurent un des plus authentiques, un des meilleurs témoignages.
Prix : 22 euros
320 pages, 2004, ISBN 2-86959-648-0
Réalisation Akilia
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